Aujourd’hui a été une longue journée.

Démarrage en côte

Tout d’abord cela a commencé par un joli cafouillage lié à la charge de travail et au faible nombre d’infirmières. Ce matin à l’heure où Mathieu devait partir en médecine nucléaire... rien n’était fait. Donc on a commencé par... le pentacarinat (dont j’ai rappelé l’oubli au docteur A. hier) 30 minutes d’inhalation chrono, malgré les relances d’E. l’infirmière qui trépignait. Puis j’ai signalé l’oubli de la pose du second catlon requis pour la scintigraphie rénale (dixit le docteur F. sur info données par le médecin "nucléaire" :). Infirmière pas au courant... pose de catlon ? Déjà que la veille ça avait été un massacre... (pétages de veines, Mathieu en pleurs malgré EMLA et MEOPA)... Aujourd’hui j’ai décidé de ne plus me laisser faire, j’ai "organisé" les soins de facto (ils étaient contraints par l’horaire et la nécessité) :

  1. pose des EMLA
  2. pentacarinat
  3. pose du catlon
  4. Wall-E ..... ????? ..... !!!!!!!...... ha non ça c’était pendant tout cela ce qui a permis de capter l’attention de Mathieu

Puis finalement nous arrivons sous les bons auspices (hospices ? :) de l’aide soignant qui m’avait fait un caca-nerveux la veille à propos des tomates de Mimo (je vous la raconterai une autre fois celle là) et qui avait tenté de les subtiliser de la main de Mathieu engendrant une belle crise que j’ai rattrapé in-extrémis ! Il est très sympa et relativement efficace par ailleurs... mais bon c’est la tension...

Puis, une fois arrivés sur place Mathieu se trouve un partenaire de DS qui se met à jouer avec lui. Pendant ce temps, l’infirmière cadre du service me tombe sur le paletot pour me dire sur un ton extrêmement aggressif que (sans bonjour ni ouf) :

  • "Seul un parent est admis pendant la scintigraphie"
  • "Oui Madame"
  • "Donc un seul parent doit être là" [plus fort]
  • "D’accord madame"
  • "Un seul parent doit être présent dans le service" [encore plus fort]
  • "Je vous réponds depuis tout à l’heure que nous sommes d’accord !" [moi un peu énervé]
  • "Je ne dois pas faire d’exception sinon d’autres parents vont demander les mêmes faveurs"
  • "Bon écoutez madame, il n’y aura qu’un seul d’entre nous, d’autant plus que je dois dès que possible retourner à Lesné voir l’assistante sociale du service. Néanmoins pour rassurer Mathieu et faciliter le soin, nous l’installerons ensemble pour l’injection puis je partirai". [ferme et fort]
  • "Je ne peux pas faire d’exceptions.... blah blah" [très aggresif]
  • "Pas ici madame, parlons de ça ailleurs pas maintenant (faisant signe de s’éloigner des enfants)" [moi péremptoire et très fort]
  • Agnès éclate en sanglots (en expliquant qu’elle est venue en urgence de très loin la veille et qu’il .... )
  • Là la cadre fait enfin (à mon avis) le bon geste : pas devant Mathieu venez avec moi on va parler (ouf !). Et elles s’écartent toutes les deux.

Résultat, non seulement elle s’est confondue en excuses mais on a été traités comme l’avait dit Laure (je crois) : c’est-à-dire très bien ! Malheureusement Mathieu est entré pour la première injection juste après l’altercation et évidemment ça s’est mal passé... mais ça s’est passé.

Je vous passe l’épisode où on me retrouve errant dans les sous-sols de Trousseau portant un plateau d’alimentation protégée pour Mathieu (et quelques compléments de notre cru).

La scintigraphie

La scintigraphie rénale c’est ni plus ni moins qu’une injection d’un radio-isotope de brome dont on mesure l’élimination par le rein en faisant des prises de sang à intervalles réguliers (3, une toutes les demi-heures). La double voie est nécessaire pour ne pas faire de prélèvement sur le catlon qui a servi à l’injection de l’isotope, histoire de ne pas fausser le calcul avec quelques molécules qui seraient restées dans la tubulures ou autres.

La scintigraphie osseuse que Mathieu a eu (il y en a parait-il 3 différentes) consistait en une injection de TEC (sic - un radio élément, demi-vie 6 heures, se fixant sur les cellules osseuses et éliminé par les reins) puis en une série de clichés des radiations émises pris environ 2 heures après.

Au final nous étions les derniers présents, je me suis retrouvé exceptionnellement (parait il) dans la cabine de contrôle où j’ai vu les images et tapé la discute avec le médecin qui suivait l’examen puis avec le médecin qui semblait être responsable de l’ensemble.

Elle m’a d’ailleurs donné des informations sujettes à modification (après les calculs du week-end) en première lecture : la clarance rénale est bonne (maxi pour son age), pas de point anormal à la scintigraphie osseuse. La scintigraphie s’est faite par tranches car la "prise d’images" (par les capteurs de radiations) prend 5 minutes chrono totalement immobile par tranche (parties du corps) ou 20 minutes en balayage total... Oui il y a des parties qui sont très "brillantes" mais dans ce que j’ai vu pour Mathieu c’étaient les zones de cartilages et de croissance des os ce qui est logique. Cela dit c’est aussi facile à comprendre qu’une échographie prénatale au 6ème mois.

Finalement, nous sommes retournés dans la chambre vers 16h00 tout était terminé.

Vers 17h00 après le passage de l’interne Mathieu était débranché, puis Payak nous a ramené à bon port malgré les embouteillages du vendredi soir...

Mathieu a insisté pour voir sa soeur.