Vendredi

Alors que nous déjeunions tous les 6, quelle surprise n’avons nous pas de voir une tete dépasser de la porte de la cuisine, une infirmière de Malade-Sévices qui avait été envoyée pour venir faire le bilan de sortie de cure et l’injection de Granocyte ! Bah oui c’est connu, quand on a un malade du cancer dans une famille on rentre comme ça dans leur maison, sonnettes, portes d’entrées et téléphone pour prévenir de la visite deviennent subitement inutiles...

Ca aurait pu s’arrêter là mais... "on m’a prévenu que je ne pourrai probablement pas faire l’injection de Granocyte"... bah oui il faut prévenir pour poser l’EMLA 1 heure avant ! Et aux dernières nouvelles personne n’était censé passer, on ne pensait même pas être là !

Du coup, nous avons indiqué que dans ces conditions je ferai l’injection... Et j’ai appelé l’ICH de Trousseau pour relater l’incident... Tout était règlé, elle était d’accord avec moi c’était une "boulette" de Malade-Sévices... bref on n’en parle plus.

C’était sans compter avec la cadre ès Sévices qui tenait à ne pas en rester là. Elle a houspillé l’équipe médicale de Trousseau pour faire dire que c’était "anormal" que j’eusse fait une injection à mon fils (comme si c’était une première !!!) blah blah blah. Bref je me suis fait appeler par C. l’interne puis plus tard par le docteur P. le chef de clinique qui a fini par m’engueuler en me disant que si je ne voulais plus de Malade-Sévices c’était mon droit mais qu’il avait d’autre priorités un vendredi de vacances que de gérer un changement impossible en veille de week-end tout cela parce que j’avais décidé moi de partir en week-end !!!

Je ne vous dis pas toutes les inepties et assertions frôlant la limite ténue avec la diffamation dans ce qui lui avait été raconté et que j’ai pu entendre.

Bref, j’ai donné raison à toutes les demandes du docteur P. , car il ’était hors de question de leur faire perdre encore du temps, et donc finalement Malade-Sévices devait venir ce week end pour faire les injections. Rendant par le même coup impossible la sortie prévue chez les grands-parents du moins de la façon dont nous l’avions organisé... temps de conduite, repas, siestes de la petite et de Mathieu etc... du pas très simple surtout avec un petit gars qui peut vomir à tout moment (dans la voiture par ex), une voiture qui vous est prêtée etc...

Peu après j’ai eu une cadre sup’ (position non identifiée dans l’organigramme) de Malade-Sévices... elle m’a fait un inventaire à la Prévert de tous nos agissements irresponsables (ça c’est moi qui le dit) aux dires de ses collègues. Histoire de me mettre en forme après avoir passé l’après midi à gérer ce lamentable "binz", j’ai fini par reprendre chacun des faits tels qu’ils se sont déroulés. En effet, la cadre ès Sévices, celle-là même qui avait harcelé le service d’onco usant d’arguments fallacieux et de faits tout droits sortis de son imagination, avait été jusqu’à affirmer droit dans ses bottes :

L’infirmière devait venir chez vous pour constater les signes d’aplasie chez Mathieu...

Interro orale pour une IDE expérimentée : quels sont les signes (extérieurs donc) d’aplasie hémato chez un enfant de 4 ans... tic tac tic tac...
J’informe mes lecteurs néophytes : la réponse c’est "impossible" c’est une situation qui ne peut se faire que par une numération sanguine, postérieure donc à une prise de sang...

La cadre sup’ quant à elle, s’est évertuée à m’assommer à coup de "procédures internes", d’"habitudes de travail vieilles de 10 ans" et autres visites prescrites dans "l’intéret de Mathieu". J’ai enchaîné sur : le projet de vie, le protocole de soins que nous avions signé et les prescriptions existant réellement (car aucune ne mentionnait cet élément). Déstabilisée, elle a opté pour un replis sur : de toutes façons , une injection a été prescrite, c’est un travail qui doit être fait par une IDE, vous n’êtes pas qualifié pour le faire... mauvaise idée : conformément aux procédures de Malade-Sévices, le malade peu s’absenter à condition de prévenir (chose que nous avions faite), et de s’organiser lui-même pour les éventuels soins à effectuer pendant l’absence, que d’autre part elle affirme que j’ai fait une injection sans pouvoir en être sûr (après tout comment le saurait elle ?), qu’elle dit que je ne suis pas qualifié alors que j’ai fait la "formation" avec son personnel, obtenu une autorisation du médecin de Trousseau (certes elle date d’il y a 3 semaines !!!! c’est trèèèèèèèèèèès vieux depuis je suis devenu incapable), et qu’enfin il n’y pas que chez Malade-Sévices qu’il existe des IDE qualifiées, qu’en outre quant on est une pro on ne rentre pas chez les gens sans prévenir, pour faire une injection qui nécessite la pose d’un anti-douleur au moins une heure avant, rendant la visite inutile et démontrant un manque total de professionnalisme qui ne peut plus alors être opposé à mon soi-disant amateurisme dangereux.

Pour terminer je lui ai fait l’inventaire de tous les dysfonctionnements (ou presque) de Malade-Sévices, de l’absence totale de suivi, du manque de rigueur, de leur mauvaise communication, et autres joyeusetés. Et surtout que jamais la cadre ès Sévices locale n’a pris la peine de m’appeler pour me dire qu’on devrait procéder autrement car ca risquait de poser problème. Elle a préféré mentir aux médecins et faire en sorte qu’ils m’engueulent en leur racontant des bobards plus gros qu’une troupeau de baleines.

Résultat la cadre doit venir me voir sur place mercredi pour mettre les choses au point, j’ai du envoyer une lettre d’excuses (alors que je n’ai strictement rien fait, car en plus moi je n’étais pas là !!!!!!!!!!!) au service d’onco de Trousseau et que je suis sûr que le Dr A. va se fâcher contre nous si elle n’a que la version bidonnée de Malade-Sévices !

Plus tard le soir, S. l’infirmière "habituelle" de Mathieu a appelé pour planifier sa visite le lendemain (c’est la seule qui fasse cela). Entre "" car depuis 2 semaines elle ne vient plus, laissant place à une bonne demi-douzaine d’infirmières différentes à chaque fois qui à chaque fois doivent découvrir l’organisation, le protocole, se faire connaître de Mathieu. Même dans un grand service hospitalier il n’y a pas tant de roulement !