Ce soir, je reprends mon clavier... et je lis quelques bonnes nouvelles... et déjà c’est bon. Demain, Agnès et Laura nous rejoignent. Et ça c’est cool aussi. Même si jeudi risque d’être une nouvelle longue journée pour Mathieu... on s’attend (le pédiatre du CH me l’a dit aussi) à de nouveaux chiffres bien bas. On verra... C’est le programme de jeudi.

Une première journée en hospit conventionnelle dans un service de pédiatrie générale, hôpital de banlieue... Tout d’abord, commençons par l’essentiel le positif (soit le bilan global de cette journée). L’équipe a été très sympathique,très compréhensive et fait très attention avec Mathieu. Ils sont très conscients de leurs "limites" et m’interrogent à chaque doute... comme si j’étais une référence ! bon en tous cas je fais de mon mieux j’essaie de leur répondre ou de dire lorsque je ne sais pas. Pas simple mais on y arrive tout de même. Dans l’ensemble, on a beaucoup attendu : mois d’aout = peu de donneurs et beaucoup de besoins donc les produits issus des dons de sang se font rares. C’est comme ça, nous on est déjà bien content qu’il y ait des donneurs. Alors s’il faut attendre 5h (ce qui s’est passé) hé bien on attend. De toutes façons, on n’a pas grand chose de plus important à faire :-) Ce qu’il y a eu de très bien notamment c’est que l’infirmière qui gère l’onco-ped nous a de suite conseillé de rentrer chez nous pendant ce temps (l’hôpital est à 20 minutes en ce mois d’aout, le reste de l’année ce sera une autre paire de manches... tout dépends de l’heure). Le seul truc que j’ai regretté c’est que j’ai tablé sur l’heure d’arrivée des produits sanguins annoncée par le CTS... mal intuité, pourtant l’infirmière avait glissé du bout des lèvres qu’on pouvait arriver 30 minutes en "retard"... Bref quand on est revenus la meme chambre (mais refaite). On était attendus, sourire de l’équipe de l’après-midi. L’infirmier (oui enfin un !) s’est occupé de Mathieu tout l’après midi et a géré ses 2 transfusions. Très bon contact avec Mathieu et moi. Il a été très surpris par la coopération de Mathieu a qui il a demandé de ne pas bouger lorsqu’il a préparé le branchement, la souris était emballée dans un champ stérile, le temps qu’il contrôle la poche de plaquettes. Quand il est revenu, Mathieu s’était endormi dans cette position et n’avait pas bougé d’un poil (sur le dos, mains sous la tête, jambe gauche pendante pour le brassard de prise de tension)... trop fort mon chéri ! Moi très fier de Mathieu, je lui dit : "bin vous lui avez demandé de ne pas bougé, comme il avait confiance en vous il n’a pas bougé !". Il a halluciné !

Bon bref, tout s’est terminé vers 21h15... avec un peu d’avance sur le programme. Mathieu a été débranché quelques secondes après la fin de la transfusion d’Hb. Avec l’infirmier, on avait auparavant pesé le pour et le contre de lui laisser l’aiguille (plaquettes vs PNN+gêne et risques). Avec 1 journée de recul, je confirme que j’ai bien fait de lui faire confiance :+) Mathieu est rentré et a pu dîner. Certes tard mais au moins il a mangé un peu !


Le côté positif aussi, c’est que grâce à cette journée j’ai pu voir que de mon point de vue, lis n’étaient absolument pas en mesure d’accueillir un enfant en aplasie fébrile, ni même en aplasie, dans des conditions de sécurité satisfaisante. Il ne s’agit pas de "balancer" mais d’expliquer. En outre, plusieurs infirmiers m’ont dit qu’ils visaient à s’harmoniser avec les pratiques des autres hôpitaux d’Ile de France. Apparemment un plan en ce sens est en cours de réalisation. En outre le service de pédiatrie est très vieux (au moins 30 ans) et doit prochainement être refait. D’ailleurs j’ai pu voir la différence avec l’hôpital de jour, ainsi que les urgences pédiatriques et c’est clair que c’est le jour et la nuit.

Tout est problématique :
  • les habitudes du personnel, en commençant par les médecins : lavage de mains en entrant inexistant, port du masque très aléatoire, d’ailleurs une partie d’entre eux pédiatre compris a du mal à le porter, à le mettre correctement (par exemple nez non couvert...).
  • avec les habitudes le matériel non plus : ce sont toutes des chambres doubles, mais très petites. Le chariot de soin ne peut pas rentrer sans déplacer les deux lits. La fenêtre est ouverte (bonne vue sur la caserne des pompiers) donnant sur une terrasse spéciale aéroport à pigeons... Le lavabo est très haut, avec un robinet classique, enfin deux robinets (chaud/froid). La poubelle est absente, le papier essuie main est posé sur la table roulante ce qui fait que les gouttes d’eau qui tombent des mains humides souillent la pile. Le produit hydroalcolique est planqué dans un distributeur de savon qui nécessite qu’on appuie avec le pouce dessus (pas le coude). Les toilettes sont collectives au fond du couloir, façon colonie (séparation basse, les adultes et les ados de plus de 1m50 se voient entre chaque toilette), et servent de stockage pour divers produits et poubelles.
  • Pas de flux ni de plasmair. En tous cas s’il y en a un, il ne rentrerai pas dans la chambre. A moins d’enlever un lit. Mais le couloir est déjà encombré de lits "abandonnés". D’ailleurs ça fait ambiance "casse" quand on arrive dans le service... Un long couloir un peu sombre avec des carcasses de lit tout le long ;-) Déjà pour rentrer le pied à perf c’était pas simple... on a du virer une table et une chaise dans le couloir...
  • Plus important, il ne peuvent pas préparer d’alimentation protégée. La seule chose possible c’est de mettre un film alimentaire autour du plateau (les aliments ne sont pas sous cloche). Lundi soir c’était oeufs mayonnaise, steak haché (tendre hein pas à point), à midi crudités, charcuterie... Pas forcément mauvais à manger loin de là mais... Ha j’oubliais l’eau : fontaine à eau semi-réfrigérée collective au milieu du couloir.., modèle cantine branchée sur réseau d’eau potable, état de propreté... douteux. Gobelets en plastique en pile juste à côté du distributeur. Impossible de savoir si la personne qui est passée avant avait les mains propres en prenant le gobelet...
  • Sur la table de chevet trône un beau ventilateur (pas de clim ici) pour les pauvres enfants qui ont du y passer l’été. Soucis, les pales sont manifestement très sales (poussières + moisissures sur chaque bord d’attaque). Le matériel n’est manifestement pas adapté à un entretien en milieu hospitalier : impossible pour une AS de l’ouvrir pour le laver, sans outils...

J’ai pris quelques photos pour ceux qui douteraient ;-)