Voilà deux ans que Mathieu est mort. Deux ans qui sont passés si vite que j’ai l’impression que c’était hier à la fois et il y a une éternité. Je n’ai plus la mémoire de son odeur, de sa voix, de sa peau. Peut être est-ce un bien pour ne pas devenir fou.

Ce qui ne change pas c’est que chaque jour je pense à lui et que chaque jour il me manque un peu plus encore. Depuis presque un an, sa sœur nous pose des questions sur lui. Toutes les questions et surtout celles que les adultes ne posent jamais. Cela pourrait être des coups de poignards mais en fait il n’en est rien au contraire tous ensemble nous apprenons à gérer l’absence. Ne croyez pas en lisant ces quelques lignes que la tristesse habite à notre adresse, détrompez vous ! Mathieu et sa sœur ont maintenant une nouvelle petite sœur, née 3 ans après l’annonce du néphroblastome, 3 ans après sa première cure de chimiothérapie... hasard des dates.

Aujourd’hui, je pense à Inès, Martin, Ewen,... mais aussi à Tonin devenu un sacré joueur de rugby, à V. la "copine" de Mathieu (et d’autres aussi), à ces amis formidables qui n’hésitent pas à nous parler de Mathieu chaque fois qu’on se voit.

Car le pire ce serait qu’on en parle plus.

A ma petite étoile, pour toujours.